Que faut-il en penser ?

Changer de chemisier trois fois par jour, pour se sentir propre et garder confiance en soi, ce n’est pas pratique ni vraiment confortable. La transpiration excessive est un handicap social bien réel. Pour en venir à bout, un nouveau traitement contre la transpiration excessive, le Miradry, est désormais proposé dans les cabinets médicaux.

Il s’agit d’un appareil qui ressemble à un laser sans en être un. Il diffuse via une plaque en céramique, des micro-ondes dites ondes courtes, dont l’objectif est de détruire les glandes sudorales (ou sudoripares) qui fabriquent la sueur. La chaleur émise est de 60°C.

Comment ça marche ?

« Ces ondes courtes ciblent l’eau, donc les glandes sudorales, remplies d’eau et situées à environ 3 millimètres sous la peau », explique le Dr Jean-Michel Mazer. Les glandes sudorales visées sont détruites, et ce définitivement. C’est le grand avantage : « Même si l’on dispose seulement de cinq années de recul sur la technique, on sait une chose : les glandes sudorales ne se refabriquent pas », ajoute le Dr Mazer. Aux Etats Unis, c’est la seule technique esthétique qui à le droit de revendiquer le mot « permanent ».

C’est un plus par rapport aux injections de Botox qui sont l’autre réponse esthétique à la transpiration excessive. Le Botox met les glandes sudorales seulement au repos, il faut refaire les injections tous les 6 ou 8 mois.

Pour qui ?

Cette méthode est indiquée pour les personnes qui souffrent de transpiration abondante (hyperhidrose), sachant que les cas d’hyperhidrose majeure ne concerne que 1 à 2% de la population. « Aux Etats Unis, des personnes ayant une transpiration normale suivent quand même ce traitement pour être tranquilles et éviter d’utiliser de l’anti-transpirant » précise le Dr Mazer. Il n’y a pas de risque pour la santé, car détruire les glandes au niveau des aisselles revient à détruire 2% des glandes sudorales du corps.

Contre indications : les personnes qui portent un pacemaker ne peuvent pas suivre ce traitement, de même que les femmes qui ont un cancer du sein et subit un curetage ganglionnaire.

Quelles sont les suites ?

Si la séance ne fait pas mal grâce à l’anesthésie, les suites peuvent être gênantes. En effets des gonflements dus à la brûlure des glandes peuvent être réduits en appliquant de la glace tout de suite après l’intervention. Mais cette gêne peut persister pendant au moins une semaine, sans pouvoir faire de sport ou de larges gestes. « La sensation de brûlure est modérée mais en profondeur. Il peut également y avoir de petites indurations. La peau n’est pas brûlée en surface, mais quand on appuie, ce peut être douloureux. »

Certaines suites plus rares sont aussi plus longues. C’est le cas pour Florence, qui a suivi la technique en juillet 2015 : « deux semaines après l’intervention, j’ai eu comme une ligne d’induration, un cordon qui partait de l’aisselle jusqu’au coude. Le médecin m’avait prévenue de cette possibilité, donc je n’étais pas inquiète. Cela a mis longtemps à partir, au moins deux mois. Depuis, même si ce n’est pas gênant, je sens que cette zone est devenue moins sensible. »

Le Dr Noël Schartz confirme : « Ce cas de « zone qui devient moins sensible » peut arriver mais cela reste rare, moins de 1% des cas. Et depuis cinq ans que la méthode est pratiquée aux Etats Unis, on ne connaît aucun cas d’effets secondaires permanents ».

Dernière conséquence appréciable, surtout pour les femmes : les poils sont détruits, même les plus clairs.

Comment se passe une séance ?

La zone de l’aisselle est anesthésiée avec des injections de Xylocaïne tous les 5 cm. C’est la partie la plus longue et douloureuse de l’intervention. Ensuite le médecin applique l’appareil sur la zone de l’aisselle, la « brûlure » sélective se produit pour détruire les glandes sudorales sans abîmer la peau en surface. Pour une séance (anesthésie comprise) compter 1h30.

Combien ça coûte ?

Dans la majorité des cas, une séance suffit. Elle coûte 2 400€ pour les deux aisselles. Une deuxième séance à 1 200€ est parfois nécessaire pour les cas les plus importants, mais elle serait de moins en moins courante. « On peut régler la puissance de l’appareil, et les médecins ont tendance à l’augmenter un peu, ce qui permet d’éviter une seconde séance », dit le Dr Mazer.

D’autre zones que les aisselles sont-elles concernées ?

Aujourd’hui, seules les aisselles sont traitées par cette technique. Même si les pieds et les mains sont à l’étude, des ajustements doivent être effectués, les glandes sudorales étant plus en profondeur sur ces zones.

Clara Ousset-Masquelier – Pour SANTE MAGAZINE – juillet 2016

transpiration excessive Miradry

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